Garantie de livraison : le filet de sécurité méconnu de votre CCMI
Vous avez signé un contrat de construction de maison individuelle, versé les premiers appels de fonds, et le chantier s’arrête. Le constructeur ne répond plus, les entreprises ont quitté le terrain, et la rumeur d’une défaillance se confirme. Cette situation, heureusement rare, est précisément celle pour laquelle la loi a créé la garantie de livraison, obligatoire en CCMI. Méconnue de bien des particuliers, elle est pourtant le filet de sécurité de votre projet. Voici comment la vérifier et la mobiliser.
Construction CCMI
La garantie de livraison, obligatoire dans tout contrat de construction de maison individuelle avec fourniture du plan, protège le maître d’ouvrage contre l’inexécution ou la mauvaise exécution des travaux prévus, au prix et dans les délais convenus. En cas de défaillance du constructeur, le garant prend en charge le coût de l’achèvement au-delà du prix convenu et les pénalités de retard dans certaines limites. Encore faut-il vérifier l’attestation dès la signature et savoir la mobiliser. Un expert vous y aide.
Avant tout premier versement, vérifiez que l’attestation de garantie de livraison vous a bien été remise. Conservez-la avec le contrat.
Une garantie imposée par la loi
Le contrat de construction de maison individuelle, encadré par les articles L231-1 et suivants du Code de la construction et de l’habitation, oblige le constructeur à souscrire une garantie de livraison auprès d’un établissement de crédit ou d’une entreprise d’assurance agréés. Cette garantie couvre le maître d’ouvrage contre les risques d’inexécution ou de mauvaise exécution des travaux prévus au contrat, à prix et délais convenus.
L’attestation de garantie de livraison doit être annexée au contrat, ou remise au plus tard à la date d’ouverture du chantier, qui ne peut intervenir sans elle. Aucun paiement ne devrait être exigé avant sa délivrance, en dehors du dépôt de garantie encadré. Votre banque, si elle finance le projet, vérifie en principe son existence avant de débloquer les fonds, mais ce contrôle ne vous dispense pas de la demander et de la conserver.
Ce que prend en charge le garant
En cas de défaillance du constructeur, le garant prend en charge le coût des dépassements du prix convenu nécessaires à l’achèvement de la construction, avec une franchise qui ne peut excéder 5 % du prix convenu. Il supporte aussi les pénalités de retard prévues au contrat lorsque le retard de livraison excède trente jours. Il peut désigner une entreprise pour terminer les travaux.
La garantie couvre aussi les conséquences de la mauvaise exécution des travaux constatée avant la réception, ou dans le cadre des réserves formulées à la réception. Elle cesse lorsque la réception a été constatée par écrit et, le cas échéant, lorsque les réserves ont été levées. Les désordres qui apparaissent après relèvent des garanties légales, parfait achèvement, bon fonctionnement et décennale, et de l’assurance dommages ouvrage.
Reconnaître les signaux d’alerte
Certains signes doivent alerter : chantier à l’arrêt pendant plusieurs semaines sans explication, entreprises sous-traitantes non payées qui se retirent, appels de fonds réclamés pour des étapes non atteintes, interlocuteurs injoignables, changements répétés de conducteur de travaux. Gardez une trace écrite de chaque échange et photographiez régulièrement l’avancement du chantier.
Ne versez pas de sommes supplémentaires sans contrepartie réelle, et vérifiez chaque appel de fonds au regard de l’échelonnement légal : 15 % à l’ouverture du chantier, 25 % à l’achèvement des fondations, 40 % à l’achèvement des murs, 60 % à la mise hors d’eau, 75 % à l’achèvement des cloisons et à la mise hors d’air, 95 % à l’achèvement des travaux d’équipement, le solde à la réception. Un appel prématuré est un signal à prendre au sérieux.

Un chantier à l’arrêt prolongé est un signal d’alerte qui justifie une mise en demeure.
Mobiliser le garant
Lorsque le constructeur ne remplit pas ses obligations, la procédure commence par une mise en demeure adressée au constructeur par lettre recommandée, avec copie au garant. Si elle reste sans effet dans le délai prévu, le garant doit intervenir : il peut mettre en demeure à son tour le constructeur, puis désigner une entreprise pour achever les travaux. En cas de redressement ou de liquidation judiciaire du constructeur, le garant est saisi directement.
Pendant cette période, conservez toutes les preuves : contrat, attestation, appels de fonds et paiements, échanges, photos datées de l’état du chantier. Un constat de l’état d’avancement et de la qualité des travaux réalisés est précieux pour chiffrer ce qui reste à faire et identifier les malfaçons éventuelles. Un avocat vous accompagne dans les démarches juridiques. Pendant la reprise, assurez-vous que la nouvelle entreprise est dûment assurée et que les travaux restants sont décrits précisément, avec un calendrier. Les intérêts intercalaires de votre prêt et les frais de logement supplémentaires liés au retard font partie des éléments à documenter.
Le rôle de l’expert indépendant
Lors d’une défaillance, l’expert indépendant établit un état des lieux contradictoire du chantier : étapes réellement réalisées, conformité aux plans et à la notice, malfaçons constatées, travaux restant à exécuter. Ce constat sert de base à la discussion avec le garant et l’entreprise de reprise, et évite que des défauts de la première phase ne soient recouverts par les travaux d’achèvement.
Il vous aide aussi à vérifier les appels de fonds déjà versés au regard de l’avancement réel, et à suivre l’achèvement par la nouvelle entreprise jusqu’à la réception. Notre article sur la réception et la consignation détaille la dernière étape, décisive pour la levée de la garantie de livraison. Son intervention garantit que la reprise du chantier se fait sur des bases saines, sans masquer les défauts de la première phase.
Prévenir plutôt que subir
Notre assistance CCMI vous accompagne aux étapes clés du chantier : fondations, gros œuvre, cloisons, chape, pré réception et réception. À chaque visite, l’expert constate l’avancement réel et la qualité des travaux, ce qui vous donne une base objective face aux appels de fonds et permet de détecter tôt les signes d’une défaillance.
L’expert est indépendant du constructeur et intervient dans toutes les communes de l’Hérault. Avant de signer, faites vérifier la présence de la garantie de livraison et la conformité du contrat aux règles du CCMI. Les tarifs de chaque visite figurent sur notre page nos tarifs. Un contrat clair et une garantie vérifiée dès le départ évitent l’essentiel des difficultés.

L’attestation de garantie de livraison doit figurer au contrat ou être remise avant l’ouverture du chantier.
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Questions fréquentes
La garantie de livraison est-elle obligatoire ?
Oui, dans tout contrat de construction de maison individuelle. L’attestation doit être annexée au contrat ou remise avant l’ouverture du chantier.
Que couvre la garantie de livraison ?
Les dépassements de prix nécessaires à l’achèvement, dans la limite d’une franchise, et les pénalités de retard au-delà de trente jours.
Comment mobiliser le garant ?
Par une mise en demeure du constructeur restée sans effet, avec copie au garant, ou directement en cas de procédure collective.
Quand la garantie de livraison prend-elle fin ?
À la réception constatée par écrit, et le cas échéant à la levée des réserves.
Puis-je payer un appel de fonds avant l’étape prévue ?
Non. L’échelonnement légal fixe des plafonds à chaque étape. Un appel prématuré est un signal d’alerte.
L’expert peut-il constater l’état du chantier ?
Oui, il établit un état des lieux de l’avancement et des malfaçons, utile face au garant et à l’entreprise de reprise.
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Sources
- Code de la construction et de l’habitation, articles L231-1 et suivants, notamment L231-6 (garantie de livraison)
- Code de la construction et de l’habitation, article R231-7 (échelonnement des paiements en CCMI)
- Code civil, article 1792-6 (réception des travaux)




